L’arthrose du genou (gonarthrose) est un rhumatisme dégénératif qui peut être primitif ou secondaire à diverses causes.
L’arthrose est une dégénérescence et une usure du cartilage articulaire qui ne remplit pas ses fonctions de glissement lors du mouvement. La surface de frottement entre le fémur, le tibia et la rotule est progressivement détruite. Il y a donc 3 compartiments dans le genou ; l’arthrose peut toucher un, deux ou trois compartiments.
La douleur est le symptôme principal. Elle est accentuée par la marche, la montée et les descentes d’escaliers, la station debout, l’accroupissement.
Les radiographies montrent un pincement de l’interligne articulaire par disparition du cartilage : l’os du fémur est en contact avec l’os du tibia. Elles montrent le nombre de compartiments touchés.
Lorsque l’usure n’est pas trop avancée, il peut être envisagé un traitement médical dans un premier temps agissant sur la douleur. Lorsque les médicaments ne suffisent pas, des séances de rééducation à type de physiothérapie (à l’aide d’appareils de type infrarouge ou ultrasons ou encore laser agissant sur la douleur et l’inflammation) peuvent être effectuées. Des infiltrations de cortisone ou d’anti-inflammatoire ou d’une substance élasto-visqueuse qui va augmenter l’élasticité et la viscosité du liquide synovial arthrosique déficient peuvent soulager pendant plusieurs mois.
Si toutes ces techniques n’ont pas engendré d’amélioration, la chirurgie est envisagée.
Avant l’intervention, un bilan cardiovasculaire est pratiqué. Le type d’anesthésie est choisi en fonction de ce bilan. Il sera effectué également une prise de sang et une radiographie spécifique permettant de mesurer les dimensions de la prothèse nécessaire.
Retirer les surfaces cartilagineuses lésées et les remplacer par une prothèse qui est composée de 4 éléments qui remplacent les zones de frottement usées.
Certains éléments sont fixés à l’os (fémur, tibia, rotule) d’autres sont fixés entre eux.
Cette prothèse peut-être unicompartimentale ou totale. Elle est unicompartimentale lorsqu’elle ne remplace que les surfaces articulaires d’un seul compartiment du genou, sans toucher aux autres ligaments ni aux autres compartiments qui doivent être sains. Elle s’adresse à des arthroses limitées à un seul compartiment ou a certaines nécroses osseuses.
Elle est totale lorsqu’elle remplace deux ou trois compartiments du genou. Les prothèses totales à glissement et en particulier les prothèses à plateau mobile, remplacent la totalité du cartilage, tout en respectant la physiologie du genou et ses ligaments.
Quant aux prothèses charnières, plus volumineuses, elles remplacent complètement l’articulation du genou.
Il existe des dizaines de types de prothèses que le chirurgien choisit en fonction de chaque cas. En général le métal (alliages de chro-mecobalt, de titane ou d’oxinium) et le polyéthylène (matière plastique industrielle spéciale) sont les matériaux les plus classiques des prothèses.
Les implants ont bénéficié d’importantes améliorations techniques ces dernières années :
L’intervention dure entre 1 heure et 2 heures, ceci dépendant de beaucoup de paramètres.
En fin d’intervention, le chirurgien met en place 2 ou 3 drains appelés « redons » qui resteront en place 2 à 4 jours et qui permettront de prévenir l’éventuelle apparition d’hématome. Afin de faciliter le réveil des antalgiques sont prescrits ainsi que des antibiotiques. Les fils ou agrafes sont enlevés sont enlevés 15 à 21 jours après l’intervention.
Le lendemain de l’intervention, le patient sera mis au fauteuil quelques heures et fera éventuellement quelques pas. L’appuis est autorisé à l’aide d’un déambulateur puis de deux cannes anglaises. Le kinésithérapeute sera là pour aider le patient.
Le 3e ou le 4e jour, les redons qui servent à drainer la plaie opératoire seront en principe retirés, ce qui va favoriser les déplacements, le patient est incité à se déplacer seul. Les béquilles sont nécessaires en moyenne 2 à 4 semaines puis l’utilisation d’une canne est conseillée pendant 1 mois et demi après l’intervention.
Il n’est pas nécessaire d’aller en centre de rééducation sauf si l’habitat du patient est difficile
(escaliers) Un traitement anti-coagulant est prescrit pendant 1 mois après l’intervention.
Après un mois et demi, la marche est possible sans difficulté, on peut conduire une voiture et envisager une reprise professionnelle. La reprise des activités sportives est en général envisagée à trois mois. Il faut surveiller son poids, une surcharge pondérale étant néfaste pour la longévité de la prothèse.
Vous serez contrôlé par votre chirurgien six semaines après l’intervention. Puis à 3 ois, 6 mois et chaque année. La durée de vie de la prothèse est en moyenne au-delà de 10 ans, voir 15 à 20 ans.
Il faut avertir vos médecins (traitant, dentiste, gynécologue, urologue et autres) que vous avez une prothèse. Au moindre soupçon de foyer infectieux votre médecin devra vous donner des antibiotiques pour ne pas risquer une contamination microbienne de la prothèse par voie sanguine.
La phlébite : cette formation d’un caillot dans une veine peut parfois se produire en dépit d’un traitement anti-coagulant préventif.
La raideur du genou peut survenir après toute intervention au niveau du genou, et en particulier après la mise en place d’une prothèse, avec développement d’adhérences dans l’articulation. Les causes de cette raideur sont multiples : douleur post-opératoire, difficultés de la rééducation, inflammation importante du genou, survenue d’un hématome etc … Une mobilisation sous anesthésie peut dans certains cas être très utile pour améliorer la mobilité et la douleur. C’est un geste de très courte durée, qui consiste à plier le genou, ce qui permet de rompre ces adhérences débutantes.
Une infection peut intervenir peut intervenir par voie sanguine au cours d’une infection dentaire, ORL, digestive, cutanée. Une bonne prévention est donc à effectuer chez toute personne porteuse d’une prothèse.
Un descellement peut également se produire, c’est l’apparition d’une mobilité anormale entre la prothèse et l’os au niveau duquel elle est ancrée et est à l’origine des douleurs.
Hématome : l’hématome après une prothèse du genou est un phénomène normal. Cela ne devient une complication que lorsque cet hématome est trop abondant et occasionne une perte sanguine trop importante ou comprime un nerf.
Rejet allergique :
Une allergie vraie est possible mais rarissime ; cela correspond plutôt à une infection.